Homme d'âge moyen tenant une cigarette électronique, moment de réflexion sur le sevrage tabagique
Publié le 16 février 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. Le sevrage tabagique est une démarche personnelle qui mérite un accompagnement professionnel adapté à votre situation.

Vous avez décidé d’arrêter de fumer. Les patchs n’ont pas fonctionné, les gommes vous écœurent, et le CBD vous met mal à l’aise parce que vous l’associez au cannabis. Alors vous vous tournez vers la vape. Sauf que devant le rayon d’une boutique ou l’écran de votre ordinateur, c’est la panique : 3 mg, 12 mg, 18 mg, sels de nicotine, PG/VG 50/50 ou 70/30… Par où commencer ? Selon une étude IFOP citée au Sénat en 2025, 61 % des fumeurs souhaitant arrêter envisagent la vape comme solution. Reste à ne pas se tromper dès le départ.

L’essentiel pour choisir votre e-liquide sans CBD

  • Le dosage nicotine compte plus que la marque ou le goût
  • Mieux vaut commencer légèrement trop haut que trop bas
  • Le ratio 50/50 PG/VG convient à la plupart des débutants
  • Les substituts naturels sont une alternative pour garder le geste

Pourquoi le dosage compte plus que la marque (et ce que personne ne vous dit)

Je vais être direct avec vous : l’erreur numéro un que je constate chez les fumeurs en transition, c’est de choisir un dosage trop faible. Par excès de prudence, par peur de « s’intoxiquer », ils optent pour du 3 mg alors qu’ils fumaient un paquet par jour. Résultat ? Le manque est insupportable, et en moins de deux semaines, ils rallument une cigarette. Soyons clairs : ce n’est pas la marque de votre e-liquide qui va déterminer votre réussite, c’est le dosage de nicotine.

Le piège du sous-dosage

Choisir un dosage trop faible par excès de prudence est la première cause de rechute chez les débutants. Le manque de nicotine ramène vers la cigarette en quelques jours. Sur le papier, commencer bas semble raisonnable. Dans la vraie vie, ça ne fonctionne presque jamais.

J’ai échangé il y a quelques mois avec Nadège, 47 ans, comptable. Fumeuse depuis 25 ans, un paquet quotidien. Elle avait tout essayé : trois tentatives avec les patchs, une bronchite qui traînait, et une méfiance viscérale envers le CBD (elle ne voulait rien de « lié au cannabis », disait-elle). Son premier achat d’e-liquide ? Du 3 mg, arôme fruits rouges. Elle pensait bien faire. Quinze jours plus tard, elle était de retour au tabac, dégoûtée. Quand elle m’a recontacté, je lui ai suggéré de passer à 12 mg. Six mois après, elle avait progressivement réduit à 6 mg, et n’avait pas retouché à une cigarette.

Ce qui me frappe souvent, c’est cette confusion entre prudence et efficacité. Les recommandations de la DGCCRF 2025 rappellent que la teneur maximale autorisée en nicotine est de 20 mg/ml. Ce n’est pas un hasard : cette limite existe parce que certains profils de fumeurs en ont besoin pour décrocher. Si vous souhaitez approfondir les équivalences précises, je vous recommande de consulter un guide dédié aux dosages du sel de nicotine qui détaille les correspondances.

Le choix du dosage nicotine est plus déterminant que la marque



La question du ratio PG/VG vient ensuite, mais franchement, pour un débutant, le 50/50 fait le travail. Le PG (propylène glycol) donne le « hit » en gorge, cette sensation de grattement que les fumeurs recherchent. Le VG (glycérine végétale) produit plus de vapeur et adoucit l’ensemble. Un équilibre 50/50 offre un compromis qui convient à la plupart des matériels d’entrée de gamme.

Quel e-liquide selon votre profil de fumeur

Plutôt que de vous noyer dans un tableau générique, posons les choses simplement. Votre consommation quotidienne de cigarettes donne un indice fiable pour calibrer votre premier e-liquide. Mais attention : ce ne sont que des repères. Votre ancienneté de tabagisme, votre façon de fumer (bouffées profondes ou courtes), tout ça joue aussi.

Trouvez votre dosage en 3 questions

  • Moins de 10 cigarettes par jour :
    Dosage 6-9 mg en nicotine libre, ratio 50/50. Vous pouvez tester un arôme proche du tabac pour faciliter la transition.
  • 10 à 20 cigarettes par jour :
    Dosage 12-16 mg en nicotine libre, ou sels de nicotine entre 10 et 20 mg pour une absorption plus rapide.
  • Plus de 20 cigarettes par jour :
    Dosage 16-20 mg ou sels de nicotine 20 mg. C’est le moment de miser sur l’efficacité, pas sur la modération.

Petit fumeur (moins de 10 cigarettes par jour)

Votre dépendance physique est probablement modérée. Ce qui vous retient, c’est souvent le geste, le rituel de la pause cigarette. Un e-liquide à 6 mg suffit généralement à couvrir le manque nicotinique. L’enjeu pour vous, c’est surtout de trouver une sensation en bouche qui remplace celle de la cigarette. Un ratio 50/50 avec un arôme tabac blond ou mentholé fonctionne bien pour commencer.

Fumeur modéré (10 à 20 cigarettes par jour)

Vous êtes dans la tranche la plus courante. La dépendance est installée, mais pas au point de nécessiter les dosages maximaux. Je recommande de démarrer à 12 mg minimum, quitte à ajuster après quelques semaines. Selon le ministère de la Santé, les produits de vapotage peuvent être moins nocifs que les cigarettes combustibles pour les fumeurs, à condition de ne pas maintenir un double usage.

Je pense à Thierry, 52 ans, chauffeur routier que j’ai croisé sur un forum spécialisé il y a quelques mois. Il fumait ses vingt cigarettes quotidiennes depuis trente ans, refusait catégoriquement tout ce qui contenait du CBD. Son premier achat ? Un e-liquide fruité à 6 mg, parce que le vendeur lui avait dit que « c’est mieux de commencer doucement ». Trois jours plus tard, le goût trop sucré l’écœurait et le manque le rendait irritable. Il a failli tout abandonner. Finalement, il est passé à un arôme tabac classic à 16 mg. Huit mois après, il vapote toujours, fume encore deux ou trois cigarettes le week-end, mais avoue que « c’est mieux que rien ». La leçon ? Le goût compte autant que le dosage, et c’est rarement dit clairement.

Gros fumeur (plus de 20 cigarettes par jour)

Ici, pas de demi-mesure. Votre organisme est habitué à des apports nicotiniques importants. Un e-liquide sous-dosé vous laissera en manque constant, et vous retournerez à la cigarette avant la fin de la semaine. Les sels de nicotine à 20 mg sont souvent la meilleure option : ils s’absorbent plus vite et provoquent moins d’irritation en gorge malgré le dosage élevé.

Le récapitulatif ci-dessous compare les deux formes de nicotine disponibles. Ces différences peuvent sembler techniques, mais elles ont un impact direct sur votre confort quotidien et votre capacité à tenir sans cigarette.

Nicotine libre vs sels de nicotine : quel impact sur votre sevrage
Critère Nicotine libre Sels de nicotine
Sensation en gorge (hit) Prononcée, peut irriter à haut dosage Douce même à 20 mg
Vitesse d’absorption Progressive Rapide (proche cigarette)
Dosages courants 3-18 mg/ml 10-20 mg/ml
Profil idéal Petits à moyens fumeurs Gros fumeurs, besoin rapide

Au-delà de l’e-liquide : les alternatives pour ceux qui veulent garder le geste

Soyons honnêtes : la vape électronique ne convient pas à tout le monde. Certains n’aiment pas l’idée de dépendre d’un appareil à recharger, d’autres trouvent la vapeur trop artificielle. Et puis il y a ceux pour qui le geste de rouler fait partie intégrante du rituel. La dépendance psychologique au geste est reconnue comme un facteur majeur dans l’addiction tabagique : supprimer la nicotine sans adresser ce besoin de manipulation, c’est souvent se préparer à l’échec.

Les substituts naturels permettent de conserver le geste de rouler



Alternative : les substituts naturels à rouler

Pour ceux qui souhaitent conserver le geste de rouler tout en réduisant leur consommation de tabac, il existe des mélanges de plantes séchées sans nicotine ni tabac. Ces substituts de tabac sans CBD permettent de maintenir le rituel manuel tout en coupant l’apport nicotinique. Attention toutefois : toute combustion reste irritante pour les voies respiratoires, ces produits ne sont pas anodins.

Cette option peut servir de transition pour les fumeurs qui n’arrivent pas à se projeter dans l’univers de la vape électronique. Elle peut aussi compléter un sevrage progressif : vapoter en journée pour gérer le manque, rouler un substitut naturel le soir pour le plaisir du geste. Les données de l’Assurance Maladie montrent que 47,7 % des vapoteurs quotidiens en France déclarent également fumer du tabac. Autant dire que le double usage est fréquent, et que trouver une alternative au geste peut aider à sortir de cette impasse.

Vos questions sur le choix d’un e-liquide sans CBD

E-liquide sans CBD ou sans nicotine : quelle différence ?

Ce sont deux choses distinctes. Un e-liquide sans CBD ne contient pas de cannabidiol, mais peut contenir de la nicotine. Un e-liquide sans nicotine ne contient pas de substance addictive, mais peut contenir du CBD. Pour le sevrage tabagique, vous avez généralement besoin de nicotine (au moins au début) et pouvez choisir d’éviter le CBD si vous préférez.

Pourquoi éviter le CBD dans un e-liquide de sevrage ?

Le CBD n’est pas dangereux en soi, mais son rôle dans le sevrage nicotinique reste à prouver. Certains fumeurs préfèrent l’éviter par méfiance (association avec le cannabis) ou pour simplifier leur démarche. Un e-liquide classique avec nicotine suffit pour adresser la dépendance physique.

Peut-on vapoter et utiliser des patchs en même temps ?

C’est possible, mais cela doit être encadré par un professionnel de santé. Le risque est le surdosage nicotinique (nausées, maux de tête, palpitations). Si vous envisagez cette combinaison, parlez-en à votre médecin ou à un tabacologue.

Au bout de combien de temps peut-on réduire le dosage ?

Il n’y a pas de règle universelle, mais je conseille d’attendre au moins 4 à 6 semaines de stabilisation avant d’envisager une réduction. La priorité, c’est d’abord de ne plus toucher à la cigarette. La baisse de nicotine viendra ensuite, progressivement, quand vous vous sentirez prêt.

Les e-liquides sans CBD sont-ils vraiment moins nocifs que les cigarettes ?

Les autorités sanitaires françaises estiment que les produits de vapotage présentent un profil de risque différent de la combustion du tabac. La vape élimine les goudrons et la majorité des substances cancérigènes produites par la combustion. Ce n’est pas anodin pour autant, et l’objectif reste d’arrêter complètement à terme.

Et maintenant ?

Votre plan d’action pour les prochains jours



  • Évaluez honnêtement votre consommation quotidienne de cigarettes


  • Choisissez un dosage nicotine correspondant à votre profil (pas en dessous)


  • Optez pour un ratio 50/50 PG/VG pour débuter


  • Tenez au moins 4 semaines avant d’envisager une réduction

Mon avis, pour ce qu’il vaut : ne cherchez pas la perfection dès le premier jour. L’objectif immédiat, c’est de ne plus allumer de cigarette. Le reste, vous l’ajusterez au fil des semaines, en écoutant votre corps et en acceptant que ce chemin n’est pas linéaire. Si vous hésitez encore, appelez le 39 89 (Tabac Info Service) pour un accompagnement personnalisé.

Limites de ce guide et précautions

  • Ce guide ne remplace pas une consultation avec un tabacologue ou addictologue
  • Les dosages suggérés sont des repères généraux qui varient selon chaque profil fumeur
  • La vape et les substituts à combustion restent des solutions de transition, pas des habitudes anodines
  • Votre situation personnelle (grossesse, pathologies cardiaques, traitements) nécessite un avis médical spécifique

En cas de doute, consultez votre médecin traitant ou contactez Tabac Info Service au 39 89.

Rédigé par Lucas Mercier, rédacteur spécialisé en addictologie et alternatives au tabac depuis 2019. Il a accompagné des centaines de lecteurs dans leur réflexion sur le sevrage via ses articles et guides pratiques. Son approche privilégie la vulgarisation sans jugement et les retours d'expérience terrain. Il collabore régulièrement avec des professionnels de santé pour garantir la fiabilité de ses contenus.