À l'âge de 31 ans, William (Bill)
Benitez avait passé 18 ans de sa vie à prendre de l'héroïne et l'équivalent
de 13 ans derrière les barreaux, notamment dans une prison fédérale des États-Unis.
Le 22 décembre 1964, il est reconnu coupable de possession de narcotiques.
À titre de « récidiviste », la peine s'échelonnait de 15 ans ferme à la prison
à vie. Il se rappelle avoir dit à un fonctionnaire de la cour qu'il avait
toujours l'intention de cesser de prendre des drogues et même de mettre sur
pied un programme de désintoxication, ce à quoi le fonctionnaire à répondu
: « La meilleure chose à faire avec des gars comme toi, c'est de t'amener
derrière un édifice et de rendre service à tout le monde en réglant tes problèmes
une fois pour toutes. »

Bill Benitez, à l'extrême droite, dans la première
salle de cours de Narconon à la prison d'État de l'Arizona, en 1966.
Son avocat s'était arrangé pour que Benitez se présente devant le juge juste
avant Noël, parce qu'il estimait que l'esprit des fêtes pourrait peut-être
jouer en faveur de son client. William Benitez se rappelle les circonstances
: « J'ai présenté mon plaidoyer au juge en lui racontant toutes mes tentatives
pour cesser de consommer au fil des années, comme me joindre aux Marines,
me faire interner à plusieurs reprises dans des hôpitaux afin de recevoir
un traitement et des soins psychiatriques, m'isoler dans des villes minières
dans l'espoir de me débarrasser de ma toxicomanie. Je lui ai même dit que
je me suis marié à deux reprises et que mes mariages ne m'ont pas aidé à régler
mon problème. Je lui ai expliqué que, malgré tous ces échecs, j'avais quand
même l'intention de m'en sortir et que je n'avais pas perdu espoir. Il a sûrement
crû qu'il y avait encore de l'espoir pour moi. Il m'a imposé la sentence obligatoire
de 15 ans ferme au lieu d'une sentence à vie. »
Fort de cette petite victoire,
Bill Benitez est retourné à la prison d'État de l'Arizona. C'est alors qu'il
s'est passé quelque chose d'important qui a eu des conséquences d'une portée
considérable. Un ami a donné à Bill quelques livres. Parmi ces livres se trouvait
un vieil exemplaire abîmé d'un livre écrit par L. Ron Hubbard et intitulé
Les Fondements de la pensée. « Ce mince livre a fait une impression plus vive
sur moi que n'importe quel autre livre, affirme-t-il. Je l'ai lu et relu.
Je me suis procuré d'autres livres écrits par M. Hubbard et je les ai étudiés
à fond sur plusieurs mois. Le matériel identifiait des aptitudes humaines
et leur développement de façon tellement simple.
« Ce qui m'a impressionné, se rappelle
Benitez, c'est que les livres de M. Hubbard portaient non seulement sur l'identification
des aptitudes mais proposaient des méthodes (exercices pratiques) permettant
de les développer. Je me suis alors rendu compte que la toxicomanie n'était
rien de plus qu'une " inaptitude " qui apparaissait quand une personne cessait
d'utiliser ses aptitudes essentielles à une vie constructive. J'ai découvert
que si une personne recouvrait certaines aptitudes et recommençait à les mettre
en application, cette personne arriverait à atteindre les buts qu'elle s'est
fixés, à confronter la vie, à isoler les problèmes et à les résoudre, à communiquer
avec la vie, à être responsable, à établir des standards d'éthique et à agir
avec toute la certitude voulue. »
Le 2 août l965, Bill Benitez, armé
de ses nouvelles connaissances tirées des livres de M. Hubbard, est sauté
en bas de son lit superposé et a inscrit sur le calendrier mural : « Décision
d'établir une fondation anti-narcotique ». Pendant six mois, les fonctionnaires
de la prison ont refusé à Bill d'entreprendre un programme avec d'autres détenus
toxicomanes. Aucun des fonctionnaires de la prison n'aurait pu imaginer que
de l'association de deux éléments - la conviction inébranlable d'un homme
qui souhaitait améliorer son existence et l'intention d'un philosophe d'aider
tous les hommes à s'aider eux-mêmes - naîtrait l'un des programmes de réadaptation
les plus efficaces de la planète.
Ayant finalement obtenu la permission
du directeur de la prison pour lancer sa « Fondation » à titre de projet pilote,
Benitez a formé le premier programme Narconon qui comprenait 20 détenus. C'était
le 19 février 1966. Par le « bouche à oreille », le groupe a pris de l'expansion
et a rapidement compté plus de 60 étudiants. Par un concours remarquable de
circonstances, Benitez a eu la possibilité de quitter la prison en raison
d'une formalité judiciaire. Or, il a demandé à demeurer en prison pour aider
ses étudiants à terminer ce qu'ils avaient entrepris. « C'est la meilleure
décision que j'aie prise de ma vie. Et aussi la plus difficile - j'aurais
bien aimé quitter la cour en homme libre. »

William
Benitez a reçu, à juste titre, la récompense du « Héros sans drogue » lors
du 25e anniversaire de Narconon. Il est entouré de Saginaw Morgan Grant (amérindien
célèbre), de John Duff, de Kirstie Alley et du grand jazzman Chick Corea.
Grâce aux encouragements de M.
Hubbard et à de l'aide sous la forme de livres et de matériel éducatif,
Narconon a rapidement pris de l'expansion. Lorsque Benitez a quitté la prison
en 1967, les programmes Narconon existaient dans 14 autres prisons aux États-Unis.
Bill a déménagé en Californie pour amener Narconon « dans la rue ».

Le groupe Narconon élargi, plus tard, en 1966.
En 1971, le premier programme Narconon axé sur les foyers de groupe a ouvert
ses portes à Los Angeles sous la forme d'une maison de transition pour les
détenus qui avaient entrepris le programme en prison et qui avaient obtenu
leur libération conditionnellement à ce qu'ils poursuivent leur réadaptation
chez Narconon à Los Angeles. Comme la demande ne cessait de croître, Narconon
a commencé à accepter d'autres toxicomanes provenant directement de la collectivité.
Cette maison de transition s'est graduellement transformée en un programme
complet axé sur les foyers de groupe.

Le premier centre Narconon,
à Los Angeles, en 1971. Bill Benitez est assis dans les marches, à droite.